pictoViande bovine : Leclerc ne joue pas le jeu, selon les éleveurs

18/05/2017

« Des éleveurs de bovins ont manifesté mercredi dans plusieurs villes de France devant des magasins Leclerc, enseigne à laquelle ils reprochent de ne pas respecter un engagement prévoyant de mieux rémunérer la viande française de qualité supérieure, a constaté l'AFP.

 

Devant le magasin Leclerc du Kremlin-Bicêtre (Val de Marne), à côté de Paris, une vingtaine d'éleveurs ont sensibilisé les clients, à l'appel de la Fédération Nationale Bovine (FNB), branche de du principal syndicat agricole français, FNSEA. Une banderole en plastique vert était tendue à quelques mètres de l'entrée, enjoignant les consommateurs à se fournir chez Carrefour, jugé, lui, respectueux de ses engagements, afin de "sauver les éleveurs". "Je viens ici parce qu'il y a de la bonne viande française", explique Jeanne Mesnil, cliente fidèle. Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB qui a organisé une vingtaine d'actions de ce type en France, lui explique que si elle veut que les éleveurs soient correctement rémunérés, elle doit aller au magasin Carrefour voisin. "Pour les éleveurs, j'irai chez Carrefour", répond-elle, expliquant en riant qu'elle est "prête à défendre leur bifteck". Selon le président de la FNB, Bruno Dufayet, présent au Kremin-Bicêtre, le respect de l'accord "coeur de gamme" ou "éleveur responsable" signé par la plupart des grandes enseignes, rapporte à l'éleveur 400 à 450 euros de plus par animal vendu, soit 25% de recettes supplémentaires. Soit "la différence entre travailler à perte et rémunérer les coûts de production". Mais si certains magasins Leclerc "ont fait le choix d'appliquer la démarche (...) ce n'est pas le cas des centres Leclerc en général", a-t-il déploré. "Leclerc a été bon pour communiquer lors de la signature, mais les actes ne suivent pas", renchérit M. Mandin, qui à l'inverse loue l'attitude de Carrefour ou Système U, autres signataires de cet accord.

 

A Chalon-sur-Saône, où les manifestants ont rencontré le directeur d'un supermarché de l'enseigne, Michel Joly, responsable de la FRSEA, a regretté que "personne (chez Leclerc, NDR) ne soit vraiment informé au niveau local de ce qui est signé par les instances nationales du groupe". "Nous allons lui envoyer notre cahier des charges et il s'est engagé à prendre des bêtes haut-de gamme. Il n'a donné aucun délai mais nous allons le marquer à la culotte", a-t-il ajouté. Selon le président de la FNB, 7 à 8.000 bovins abattus par semaine en France répondent aux critères "coeur de gamme", mais seules 2.500 bêtes sont valorisées en conséquence. Si cette situation ne peut être imputable à une seule enseigne, il souligne que "Leclerc pèse un quart de la viande bovine vendue en grande surface". Sans répondre directement aux reproches adressés par les éleveurs, E.Leclerc, a affirmé à l'AFP être "désormais en tête des distributeurs de races à viande en France" (Charolais, Blonde d'Aquitaine et Limousine essentiellement). Il met en avant "la généralisation partout en France d'une démarche +Alliances Locales+ avec les producteurs", qui propose "des accords +durables entre des éleveurs locaux et les magasins" et permet "une meilleure valorisation du prix payé à l'éleveur et pour le consommateur d'accéder à une offre de proximité, locale ou régionale".

 

Signe de l'urgence sur ce dossier, le nouveau ministre de l'Agriculture Jacques Mézard, qui a pris ses fonctions mercredi après-midi, a cité au nombre de ses priorités la tenue prochaine d'"Etats généraux de l'alimentation", centrés autour de la question du "prix" payé aux agriculteurs qui ne parviennent plus à vivre de leur production. »

 

Source : AFP

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