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picto Grands Troupeaux : 1_3 Savoir utiliser les principaux indicateurs sanitaires

Quand le troupeau s’étend, la gestion des lots devient primordiale

Quelle organisation du personnel et des tâches ?

 

Une personne travaillant à temps plein semble être l’optimum pour la production de 500.000 litres de lait. Un troupeau de 150 vaches laitières productives nécessite trois personnes pour assurer deux traites par jour, pour préparer et distribuer les rations, pour s’occuper de la nurserie, pour assurer le nettoyage des logettes ou le paillage de la stabulation, le nettoyage des abreuvoirs, pour assurer la surveillance des chaleurs, pour repérer les vaches malades, pour assurer le soin aux animaux (vêlage, insémination, parage, traitement, vaccination…), pour assurer l’entretien générale des bâtiments.

 

Il est impératif d’adopter une répartition des tâches, tout en gardant une certaine polyvalence pour donner un  « coup de main » et assurer le remplacement. Cependant,  même en présence d’associés, chacun ne peut être responsable de tout et prendre des décisions. La nécessité d’un manager (responsable du cheptel laitier) s’impose. Le manager assure la gestion du troupeau, il récolte toutes les informations (pathologies, chaleurs, production, qualité), surveille les points clés (qualité des fourrages, restes dans l’auge, bouses, quantité de lait dans le tank), il décide des interventions courantes (vétérinaire, inséminateur…).

 

L’informatisation est-elle indispensable ?

 

Au-delà de 70 vaches, il est difficile de les connaître individuellement : il devient nécessaire de travailler avec un logiciel de gestion de troupeau qui permet de mémoriser les productions, les évènements de reproduction et les évènements sanitaires.

Des systèmes d’enregistrement d’informations peuvent être couplés au logiciel (compteurs à lait, détecteur d’activité, mesure des temps de rumination, pesées…).

 

Le manager doit passer une à deux heures par jour devant son ordinateur pour bien détecter les vaches en chaleur, repérer les vaches qui ont des problèmes, contrôler le tableau de bord technico-économique du troupeau.

Les informations doivent être facilement accessibles à tous les intervenants : c’est indispensable lors du remplacement de l’intervenant habituel à un poste donné (traite).

Le manager se doit d’informer son équipe régulièrement des résultats et des problèmes : c’est le meilleur moyen, de la responsabiliser et de la motiver.

 

Ration complète, semi complète, individualisée ?

 

La ration complète mélangée est plus facile à mettre en place, c’est pour cette raison qu’on la retrouve  le plus souvent dans les grands troupeaux. Elle a l’avantage d’assurer une meilleure régulation du pH dans le rumen, ce qui augmente l’ingestion. Distribuée à un lot de vaches à des stades physiologiques différents, elle ne correspond pas obligatoirement aux besoins de toutes les vaches. De plus, elle peut être remise en question économiquement : lors d’une distribution à un seul lot de vaches, elle doit être équilibrée à un niveau équivalent à la moyenne de production plus 10 kg de lait.

 

La ration semi complète est équilibrée à un niveau de production équivalent à la moyenne de production plus 2 kg de lait. Equipé d’un DAC, l’éleveur peut distribuer deux concentrés : un concentré de production en fonction de la production laitière et des besoins de restauration des réserves et un correcteur azoté supplémentaire riche en protéines by pass qui permet de couvrir les besoins de la vaches en PDIA lors du début de lactation. Cette distribution de concentrés, même étalée dans le temps, provoque des variations de pH néfastes.

 

Comment constituer les lots ?

 

La constitution de lots, quelque soit le type de ration, est indispensable. Séparées du troupeau, les primipares pourront finir de grandir tranquillement sans la pression des multipares. Elles pourront être traites en premier, afin de limiter les risques de contamination de la mamelle. Elles représentent en moyenne 30 à 35% du cheptel, donc un lot de 30 à 50 vaches (pour un cheptel de 150 vaches).

 

En ration complète mélangée, un lot de vaches en début de lactation (60 à 70 jours) qui nécessitent souvent plus d’attention (amaigrissement) , qui ont un appétit plus faible, qui ont des besoins augmentés en acides aminés glucoformateurs (PDIA) présente beaucoup d’intérêt. Pour un cheptel de 150 vaches dont les vêlages sont étalés toute l’année, il peut y avoir entre 25 et 35 vaches dans ce lot.

 

Un troisième de lot de vaches en production est constitué par les multipares en période de reproduction ou gestantes. 50 vaches pour un troupeau de 150 vaches, la détection des chaleurs est alors facilitée.

 

Enfin, deux lots de vaches taries : un lot de début de tarissement avec une ration peu énergétique, encombrante mais appétissante et un lot de pré-vêlage avec une ration énergétique à BACA le moins positif possible.

 

Toutefois, quel que soit le nombre de lots, quel que soit le type de ration, la priorité est à une bonne gestion de l’auge : ration servie à heure fixe, auge jamais vide (2% de restes, si insuffisance : augmenter le nombre de rations), ration repoussée régulièrement jusqu’à cinq à six fois par jour (pas obligatoirement à la main).


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