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picto La cysticercose des bovins : une zoonose alimentaire

L’information de la chaine alimentaire s’effectue par l’intermédiaire des ASDA

 Le même parasite, Tenia saginata, en fonction de son stade de développement (larve ou adulte) est responsable d’une zoonose qu’on appelle « cysticercose » chez les bovins et « teniasis » chez l’homme. Il s’agit donc de la même maladie, sous deux formes complémentaires. C’est la principale maladie parasitaire d’origine alimentaire rencontrée en France.

 

 

Quel parasite provoque cette maladie ?

 

Tenia saginata, est un très long ver, plat, de 4 à 10 m. Il est constitué de 1 000 à 2 000 anneaux successifs appelés proglottis. C’est l’une des espèces regroupées familièrement sous le nom de « vers solitaires » qui peuvent s’installer dans l’intestin grêle de l’homme. L’être humains est le seul à héberger le ver adulte, qui peut survivre une dizaine d’années.

 

 

Comment se transmet-il de l’homme à l’animal et inversement ?

 

Chaque jour, 5 à 10 proglottis, arrivés à maturité et renfermant chacun environ 80 000 œufs, se détachent de l’extrémité du ver adulte.

Ils sont émis à l’extérieur, généralement en dehors des selles, et dispersés inconsciemment par la personne porteuse du parasite (en enlevant ses vêtements, en satisfaisant un besoin naturel, en se grattant…). Ensuite, quand les proglottis se décomposent, les œufs sont libérés dans le milieu extérieur sous forme d’embryophores. Ils sont très résistants, y compris aux désinfectants usuels.

 

Les bovins les ingèrent en pâturant des prés contaminés par des excréments humains, en buvant des eaux polluées, par proximité avec un éleveur contaminé…). Une fois la paroi des embryophores digérée, les embryons passent à travers l’intestin et se disséminent dans l’organisme. Ils s’installent finalement au niveau des muscles, préférentiellement la langue, le cœur, les mâchoires, le diaphragme, l’œsophage. Après quelques mois, les larves prennent l’aspect de petites vésicules translucides de la taille d’un grain de riz : les cysticerques. Après 1 à 2 ans en moyenne, ils dégénèrent sous l’effet de la réaction immunitaire du bovin et durcissent.

 

L’homme se contamine en mangeant de la viande de bœuf, crue ou insuffisamment cuite et contenant des cysticerques vivants.

 

 

Quels sont les effets de la cysticercose chez les bovins ?

 

La cysticercose musculaire (ou ladrerie) ne se manifeste pas cliniquement chez les bovins infestés. Ni l’état général ni la croissance ne sont touchés. Quand bien même, aucun traitement n’existe chez l’animal.

A l’abattoir en revanche, la recherche visuelle, par palpation ou après incision, des cysticerques, est systématiquement réalisée (elle n’est pas toujours efficace en raison de l’infestation souvent faible des bovins). Si l’inspection révèle plus d’un cysticerque, vivant ou mort, par dm2, la carcasse est entièrement saisie  au motif de « cysticercose musculaire généralisée ».

En cas d’infestation moindre et localisée, seules les parties et organes porteurs de lésions sont saisis.

Lorsqu’ un cysticerque vivant est repéré, le reste de la carcasse est assaini par congélation à -10°C pendant 10 jours. Certains GDS indemnisent ces saisies non prévisibles par l’éleveur, car la maladie n’est pas détectable chez les bovins.

 

 

Comment peut-on limiter le développement de la maladie ?

 

Les éleveurs ayant eu un bovin saisit totalement ou partiellement pour cysticercose doivent renseigner le dos des ASDA des bovins du même lot envoyés à l’abattoir, dans le cadre de l’information de la chaine alimentaire (ICA). La case cysticercose de l’ASDA doit être cochée si le bovin envoyé à l’abattoir provient d’un lot d’animaux ayant reçu la même alimentation et/ou la même eau qu’un bovin pour lequel l’éleveur a reçu une information des services vétérinaires pour cysticercose, depuis moins de 9 mois.

La case ne doit plus être cochée, même si ce délai de 9 mois court encore, si depuis la dernière information de présence de cysticerques, au moins 2 bovins abattus du même lot se sont révélés, netre temps, indemnes de cette maladie.

Par ailleurs, l’information doit être transmise à l’abattoir 24h avant l’arrivée des animaux.

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Lorsque plusieurs bovins d’un même élevage sont atteints, une enquête peut être réalisée afin de tenter d’identifier l’humain contaminé. La lutte contre la contamination des bovins passe aussi par la limitation de l’accès des pâtures aux promeneurs, campeurs ou chasseurs. Les fourrages récoltés près des voies ferrées sont également à risque.

 

 

Comment s’identifie la maladie chez l’homme ?

 

Chez l’homme, le téniasis ne provoque souvent aucun symptôme ; de l’anorexie ou au contraire une boulimie et des troubles digestifs sont parfois décrits.

Les anneaux, ressemblant à des macaronis blanchâtres de 0,5 sur 2 cm, peuvent être identifiés dans les sous-vêtements et la literie. Le traitement vermifuge est très efficace. D’après les statistiques des ventes de ténicides, on estime à 100 000 le nombre de cas humains de téniasis d’origine bovine en France.

La prévention repose sur la cuisson à cœur des viandes bovines ou alors leur congélation préalable si elles sont consommées crues ou peu cuites.


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