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picto Santé et environnement : Les systèmes d’abreuvement des bovins au pâturage

Au pâturage, l’abreuvement direct des bovins dans les points d’eau naturel, quand ils existent, est la solution la plus simple, mais certainement pas la plus sûre. Elle comporte en effet de nombreux risques sanitaires et environnementaux. Plusieurs solutions existent toutefois pour en améliorer la gestion.

 

Quels sont les principaux risques sanitaires à l’abreuvement naturel ?

Les eaux stagnantes (mares, étangs, canaux de marais…) sont rarement de bonne qualité sanitaire. Elles hébergent de nombreuses bactéries susceptibles de contaminer les animaux (salmonelles, coli, paratuberculose, leptospirose…). La présence des bouses aggrave la situation.

Toutes les eaux de surface présentent aussi un risque plus important de contamination chimique. Même pour les eaux courantes, dont l’éleveur ne maîtrise pas l’amont.

En outre, les bovins répugnent à consommer une eau sale. Ils tendent donc à réduire leur consommation, ce qui a des conséquences négatives directes sur la production et la croissance.

 

Le piétinement des berges crée des abords boueux parsemés de flaques, particulièrement favorables aux cycles de la grande douve et des paramphistomes.

 

Enfin, les risques d’enlisement et de noyade ne sont pas toujours négligeables.

 

Quels sont les risques sur le plan environnemental ?

 Les bovins déposent dans l’eau bouse et urine. Ils érodent les berges et agitent les fonds. La qualité physico-chimique de l’eau est fortement modifiée, ce qui n’est pas sans conséquence sur la faune et la flore, mais aussi sur les activités humaines (baignade, pêche, captage…)

L’érosion des berges modifie aussi la dynamique des cours d’eau, contribue à leur envasement et augmente les risques de crue.

Enfin, dans la durée, la fréquentation des bovins appauvrit la végétation des berges, réduit les zones ombragées favorables à la faune aquatique et banalise le milieu.

 

Quelles solutions sont envisageables ?

Moyennant quelques efforts d’aménagement, plusieurs types de dispositifs permettent de clôturer les berges, de réduire l’ensemble de ces risques, et aboutissent généralement à un gain de temps de travail (moindre surveillance) et de production (baisse de la pathologie, meilleure valorisation de la ration).

 

-          La tonne à eau est le système d’abreuvement le plus courant, mais il suppose l’intervention fréquente de l’éleveur et ne permet pas de profiter de la présence d’une source d’eau naturelle, si elle est consommable.

-          Les pompes de pâture à museau sont bien adaptées aux troupeaux de bovins de taille moyenne (une pompe pour 10 à 15 bovins). Elles sont faciles à installer, économiques à l’achat et demandent peu d’entretien. Il existe des modèles destinés aux veaux.

-          Les descentes aménagées sont bien adaptées aux cours d’eau de bon débit. Il s’agit de construire une descente clôturée et empierrée, en pente régulière. Une barrière en bois en pied de berge empêche l’accès des bovins au lit de la rivière.

-          Les abreuvoirs gravitaires supposent de disposer d’un dénivelé suffisant entre la source et les bacs d’abreuvement situés en contrebas. Il s’agit donc d’un dispositif réservé aux territoires les plus vallonnés mais qui peut satisfaire des effectifs d’animaux importants.

-          Les béliers hydrauliques permettent d’abreuver des troupeaux importants, mais nécessitent de disposer d’une source à fort débit. Relativement coûteux, leur installation demande un travail plus important.

-          Les pompes à énergie solaire ou éolienne sont assez coûteuses à l’installation. Elles donnent de bons résultats dans les conditions naturelles qui s’y prêtent (source d’eau suffisante + vent ou ensoleillement).

 

Comment placer le point d’abreuvement ?

L’emplacement de l’abreuvoir doit aussi être déterminé avec attention.

Placé trop loin des zones de pâturage, il peut entraîner des déplacements du troupeau en masse pour s’abreuver, ce qui génère des bousculades hiérarchiques (les animaux dominés ont des difficultés à s’abreuver) et la dégradation des sols aux abords du point d’eau, voire une sous-consommation d’herbe (les bovins auront tendance à séjourner près du point d’abreuvement et négliger le pâturage).

La distance idéale est de moins de 200 mètres des zones d’alimentation. Ce qui permet aux bovins d’aller s’abreuver régulièrement, en petits groupes.

 

Par ailleurs, l’abreuvoir sera situé à proximité d’une zone ombragée, mais pas directement à l’ombre, pour éviter que les animaux ne se reposent trop près de l’abreuvoir en période de fortes chaleurs (gène à l’accès des autres bovins, couchage sur le sol humide augmentant les risques sanitaires).

 

 

Le choix d’un dispositif d’abreuvement au pré suppose donc d’avoir étudié la topographie des lieux mais également d’avoir déterminé le débit à obtenir en fonction de la taille du troupeau. Pas nécessairement très chers et très difficiles à installer, leur retour sur investissement peut être tout à fait intéressant.

 

 

Auteurs : E. Thébaud, VET’EL, 2015

Sources :

-          Les systèmes d’abreuvement au pâturage, Association pour l’aménagement de la vallée du Lot, Rivières Rance et Célé, 2006

-          L’abreuvement au pâturage, Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, 2011

-          Les systèmes d’abreuvement du bétail, Parc Naturel Régional du Morvan, 2011

 

 

 


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