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picto Prévenir et guérir le « gros nombril » du veau

Les maladies du nombril sont courantes chez le veau. Mal soignées, elles engendrent très souvent un retard de croissance et, dans le pire des cas, la mort de l’animal. Pour cette raison, l’état du nombril est systématiquement vérifié par les négociants qui achètent des veaux.

 

De quoi parle-t-on quand on évoque un « gros nombril » ?

Le cordon ombilical relie le fœtus à sa mère pendant la gestation et permet des échanges dans les deux sens : le sang du fœtus est apporté au placenta où il s’oxygène par deux artères ombilicales et retourne au fœtus par la veine ombilicale. Le canal de l’ouraque permet l’élimination de l’urine. La gelée de Wharton remplit le cordon autour de ces 4 vaisseaux. Le cordon, blanchâtre et rugueux, d’une longueur d’environ 50 cm chez les bovins, se rompt spontanément lors de l’expulsion du veau à une dizaine de centimètres du nombril. Il se dessèche progressivement et tombe vers deux semaines, en laissant une croûte qui persiste jusqu’à l’âge d’un mois. Le terme « gros nombril » désigne le plus souvent une infection qu’on nomme alors omphalite quand elle se localise à l’extérieur de l’abdomen. Elle peut aussi remonter le long des vaisseaux ombilicaux vers le foie ou la vessie. Si elle se propage, le veau peut souffrir d’abcès du foie ou des reins, d’arthrite, de péritonite, de septicémie. Les gros nombrils infectieux sont plus fréquents chez les mâles des races à viande, probablement à cause de la proximité du pénis et de l’urine qui humidifie et souille le cordon. Le gros nombril peut aussi désigner une hernie ombilicale congénitale, plus fréquente chez les femelles laitières. Elle est consécutive à la non fermeture du nombril dans les jours suivant la naissance. De la graisse ou des organes digestifs peuvent s’y engager et sortir de l’abdomen. On peut alors les palper sous la peau. Parfois, les 2 problèmes coexistent : l’infection du cordon peut fragiliser la paroi abdominale et favoriser la formation d’une hernie.

 

Pourquoi les infections du nombril sont elles si fréquentes ?

La plaie ombilicale, située sous le ventre, est fréquemment en contact avec le sol. Elle représente ainsi une porte d’entrée potentielle pour les microbes de l’environnement.

 

Existe-t-il des sources de risque spécifiques ?

Evidemment, la propreté du box de vêlage et sa désinfection entre les mise-bas, la présence d’une épaisse litière fréquemment renouvelée, la bonne ventilation des locaux, les parcs non surchargés d’animaux ainsi que l’entretien des cases réservées aux veaux sont primordiaux pour limiter le risque d’infection. L’absorption précoce d’un colostrum de bonne qualité en quantité suffisante apporte au nouveau-né les premiers nutriments nécessaires à sa croissance mais surtout des anticorps qui lui permettront de lutter contre les infections survenant dans les premières semaines de vie, donc celles du nombril. Lors d’une naissance difficile, le veau dont le cerveau a été mal oxygéné tarde à se lever et à téter le colostrum, le rendant ainsi plus fragile. C’est aussi un facteur d’aggravation du risque de gros nombril.

 

Quand réagir en cas d’infection ?

Palper le cordon dans les premiers jours de vie, avec des mains propres, vous permettra de vous assurer d’une bonne évolution et de repérer toute augmentation de volume, de consistance, une suppuration ou douleur. Si une infection du nombril est suspectée, un traitement doit être instauré sans délai. En cas d’omphalite, le protocole de soins prévoit généralement une antibiothérapie d’au moins 5 jours, associée à des antiinflammatoires si le veau souffre ou ne mange pas. L’emploi de médicaments contenant des corticoïdes est déconseillé au-delà de 3 jours car ils diminuent les défenses immunitaires. Les injections directement dans le cordon ou dans l’abcès ne sont pas plus efficaces, sont très douloureuses et risquent au contraire de disséminer les germes.

 

Quand faire appel au vétérinaire ?

Le vétérinaire doit obligatoirement être consulté si le traitement proposé dans votre protocole de soins n’améliore pas la situation dans les 2 jours ou si l’inflammation récidive après traitement. L’échographie du cordon donne des renseignements intéressants sur la nature du gros nombril et l’étendue de l’infection. Si la valeur économique ou génétique du veau le justifie, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour nettoyer l’abcès.

 

Quelles sont les meilleures méthodes de prévention ?

Si les omphalites sont fréquentes dans votre élevage, la première chose à faire est de retravailler les conditions d’hygiène des vêlages.

Ceci effectué, si la situation ne s’améliore plus, la désinfection du cordon ombilical le plus tôt possible après la naissance est généralement une bonne solution, à condition de respecter quelques règles.

En pratique, moins d’un éleveur sur deux l’effectue systématiquement car si elle est peu coûteuse, elle est en revanche contraignante :

- Le choix du désinfectant et de son application sont primordiaux ! Il existe un produit spécifique qui désinfecte et assèche le cordon. La teinture d’iode, ou a défaut un produit de trempage iodé, peut être aussi utilisée. Il faut éviter en revanche éviter les désinfectants irritants comme l’eau de javel. Même s’ils possèdent des propriétés asséchantes, les désinfectants en spray sont aussi à éviter car il est fort probable que certaines zones du cordon ne reçoivent pas ou pas assez de produit.

- Pour que le remède ne soit pas pire que le mal, vous devez vous laver les mains avant de traiter et, idéalement, porter des gants. Si le produit est déposé dans une petite coupelle, celle-ci doit être propre, nettoyée après chaque usage et le reste du désinfectant jeté. En effet, certaines bactéries peuvent s’y développer.

- Il est possible de compléter la vidange et désinfection du cordon par une pince ombilicale posée à 2 ou 3 cm de l’abdomen, utile également en cas d’hémorragie.

Au démarrage, Il est préférables de séparer les veaux et leur mère de leur congénères ou d’utiliser des cases individuelles en élevage laitier afin d’éviter la tétée du nombril des veaux entre eux. Attention également aux chiens qui apprécient de lécher le cordon !


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